ÉGLISE VIELLE CATHOLIQUE ROMAINE

Exposé Historique et Doctrinal de l’Eglise Vieille Catholique Romaine

 

L’Eglise Vieille Catholique Romaine est une partie légitime de « l’Eglise Une, Catholique et Apostolique de Jésus-Christ. » Elle possède une Succession Apostolique valide, et proclame le plein enseignement de la Foi de l’Eglise Universelle Indivise.
Elle adhère aux formes et aux formules établies par les premiers Pères de l’Eglise, afin de conserver et de propager pour les générations à venir le dépôt de la Foi reçue de Notre Seigneur Jésus-Christ, et de ses Apôtres.
La position doctrinale de l’Eglise Vieille Catholique Romaine a souvent été ignorée ou mal comprise par beaucoup de ceux qui ne relèvent pas de cette communion. Il faut tenir compte également de ceux qui par ignorance ou malveillance ont déformé les positions théologiques de cette institution. Beaucoup de religieux de l’Eglise de Rome, ignorent même jusqu’à son existence. Peu connue en Europe, cette Eglise compte des centaines de milliers de fidèles au Royaume-Uni, dans le Commonwealth, aux Etats-Unis d’Amérique et au Canada.
L’histoire du Vieux Catholicisme Romain remonte aux premiers temps du Christianisme. Ainsi jusqu’au deuxième siècle, l’Eglise chrétienne était unie et avait instauré quatre patriarcats autonomes, dans l’Est à Alexandrie, Antioche et Jérusalem, et dans l’Ouest à Rome, et ainsi jusqu’aux confins de l’Empire Romain.

En 312, l’empereur Constantin devient chrétien et met fin aux persécutions contre les disciples du Christ. L’Eglise peut alors se déployer dans l’espace romain et le pape va acquérir peu à peu un pouvoir spirituel et temporel considérable. L’union de l’Eglise et de l’Etat qui a suivi la conversion de Constantin a amené de profonds changements dans l’organisation des communautés. Les Evêques n’ont plus été élus par les fidèles, mais par les souverains des Etats qui s’en tenaient à des considérations plus politiques que religieuses.
C’est au 4ème siècle que cette corruption de l’Ordre et de la fonction de l’Eglise a commencé, et plus tard a eu des répercussions importantes sur l’Eglise des Pays-Bas. Dans l’ère oecuménique, les cinq sièges patriarcaux, Alexandrie, Antioche, Constantinople, Jérusalem et Rome, ont été considérés comme coordonnés et de statut égal dans l’Eglise. Mais en fait, se référant à la succession de l’Apôtre Pierre, à la position historique du Siège pontifical et de la ville de Rome, le pape s’est proclamé « Primus inter Pares », « Premier parmi les Egaux », avec une priorité de dignité. Ainsi, comme un père bienveillant, le Patriarche romain était connu comme « Papas » ou « Pape » et était respecté comme gardien de l’orthodoxie de la foi. Les membres des autres patriarcats se sont élevés contre les prétentions de Rome et ont affirmé leur indépendance et leurs droits de continuer à choisir leurs propres évêques et à gouverner leurs affaires locales, dans le respect du Droit Canon, universellement accepté. Seul un Concile général de l’Eglise entière aurait eu autorité pour modifier les canons de l’Eglise indivise.
C’est ainsi que le Concile de Constance en 1414/1418, comme d’autres conciles, a défendu les droits des Eglises nationales autonomes et a affirmé l’autorité du Christ sur l’Eglise Universelle. Ainsi les hommes de tous rangs et de toutes conditions, y compris le pape lui-même, étaient liés par le Droit Canon et devaient s’y soumettre.
L’Eglise Vieille Catholique Romaine, affirme sa continuité historique avec l’Eglise Apostolique des premiers temps chrétiens et revendique une lignée apostolique commune avec l’Eglise indivise du premier siècle. Sa succession apostolique procède de l’ancien Siège d’Utrecht en Hollande. Ainsi, Saint Willibrod, l’Apôtre des Pays-Bas a été consacré évêque, à Rome en 696, par le pape Sergius 1er. A son retour en Hollande, il a fondé son siège à Utrecht. Un de ses successeurs a été le grand Saint Boniface, l’Apôtre de l’Allemagne.
L’Eglise d’Utrecht a également donné un pape à l’Eglise de Rome, en la personne de Sa Sainteté Adrien VI qui a accédé au Siège de Saint Pierre en 1522. Précisons que Geerte Groote, fondateur de « l’Ordre des Frères de la vie commune » et Thomas Kempis, le rédacteur de « l’Imitation de Jésus-Christ » appartenaient à l’Eglise hollandaise.
Pour des raisons essentiellement politiques, les Jésuites ont commencé à s’introduire dans la juridiction de l’archevêché d’Utrecht en 1592 et ont refusé l’autorité de l’évêque, en dépit des ordres du pape qui les invitait à se soumettre à l’autorité diocésaine. Cette attitude des Jésuites a perduré et nous savons aujourd’hui qu’ils ont fait de même dans bien d’autres pays, ce qui leur a valu de nombreux conflits avec le Saint Siège.
En 1691, les Jésuites ont porté une accusation grave contre l’archevêque Pierre Codde, titulaire du Siège d’Utrecht, lui reprochant de favoriser « l’Hérésie Janséniste » que combattait le Vatican. Il se trouve cependant que le pape Innocent X a condamné les accusations des Jésuites, considérant ces dernières en contradiction avec la vraie foi. Aucune des accusations formulées par les Jésuites ne se justifie dans les travaux de Cornélius Jansénius. De nombreux évêques et des membres des facultés et universités prestigieuses comme celles de Reims, Paris, Nantes et Louvain ont rejeté les documents qui dénonçaient Jansénius.

L’archevêque Codde a refusé d’accepter le formulaire de condamnation, non pas parce qu’il favorisait les propositions hérétiques, mais parce qu’il pensait que jamais Jansénius n’avait développé les thèses dont les Jésuites l’accusaient. Sa réticence à condamner injustement les travaux de Jansénius, lequel étant mort ne pouvait plus se défendre ou se justifier, a entraîné sa suspension par le pape en 1699. On n’a pas donné à l’archevêque Codde les moyens de se défendre et cela a créé une rupture entre Utrecht et Rome, malgré les efforts du pape Clément XIV, lequel a plus tard tenté de rétablir l’harmonie entre les deux parties.
Depuis 1691, l’Eglise d’Utrecht sérieusement lésée, a considéré que ces procédés irréguliers étaient sans fondements et a commencé à prendre de la distance vis-à-vis de Rome. La situation qui s’en est suivie, n’est pas sans ressemblance avec la brouille qui a opposé Mgr Lefebvre avec le pape en 1988, à propos des décisions du Concile Vatican II. L’Eglise d’Utrecht avait pris le parti de s’élever trois cents ans plus tôt contre l’obéissance aveugle au Saint Siège.
En 1739, Dominique Varlet, évêque Catholique Romain d’Ascalon, a consacré Mgr Peter John Meindaerts pour occuper le siège vacant d’Utrecht, sans avoir demandé au préalable l’autorisation au Souverain pontife, comme le veut la règle. Depuis cette époque, continuant de se conformer scrupuleusement au Droit Canon, l’évêché d’Utrecht s’est proclamé « Eglise Vieille catholique Romaine de Hollande ».
Le Vieux Catholicisme Romain est le même « Corps Mystique du Christ » que celui affiché par les premières communautés chrétiennes. Il n’y a pas eu de changements essentiels jusqu’à nos jours. Les Edits du Deuxième Concile d’Utrecht, tenu sous la juridiction de l’archevêque Meindaerts en 1763, font état d’une rigoureuse orthodoxie catholique, dans le respect absolu de la légitimité du Saint Siège.

Lors d’une visite en Hollande en 1823 du Nonce apostolique, l’archevêque Van Os et deux de ses évêques, ont déclaré : « Nous acceptons sans exception tous les articles de la Foi Catholique Sainte. Nous ne tiendrons jamais, ni enseignerons, ni maintenant ni plus tard, toute autre opinion que ce qui a été décrété, a été déterminé et a été publié par notre Mère la Sainte Eglise. Nous rejetons et condamnons tout ce qui est opposé à cela, et spécialement toutes les hérésies que l’Eglise a rejeté et condamné. Nous n’avons jamais fait cause commune avec ceux qui ont cassé le lien d’unité. »
Ainsi, l’Eglise Vieille Catholique Romaine a reçu et conserve toujours, non seulement une succession apostolique valide, mais considère les doctrines et les rites de la Sainte Eglise du Christ et des Apôtres, comme un bien inaliénable.
Cette Eglise s’est elle-même qualifiée de « Vieille » pour manifester sa volonté de rejeter les formes erronées d’un pseudo modernisme et des initiatives soi-disant innovatrices qui ont parfois éloigné Rome de la doctrine et de la discipline de l’Eglise des temps apostoliques.
L’Eglise est « Catholique » parce qu’elle n’est pas limitée à une seule nation, un seul endroit ou une seule époque. Elle est universelle dans la fidélité à son fondateur divin, le Christ, et à ses Apôtres.
Elle s’intitule également « Romaine » pour manifester le fait que sa Succession Apostolique du premier siècle jusqu’à 1739 a été commune avec celle de l’Eglise de Rome et aussi parce qu’elle utilise le Rite Romain dans la forme prescrite par le pape Saint Pie V, sans addition et sans changement. Elle reste également fidèle à l’utilisation des textes séculaires du Missale pontificale et du Rituale Romanorum et dans le respect de l’administration des sacrements.
Il faut veiller à ne pas confondre « l’Eglise Vieille Catholique Romaine » qui reconnaît la primauté d’Amour du saint Père et sa qualité de Guide Spirituel, par opposition aux « Vieux Catholiques » qui ne sont pas dans cette reconnaissance.
Avant l’abandon par l’évêché d’Utrecht de sa position historique et du vrai catholicisme, le « Vieux Catholicisme Romain » a pu se prolonger. C’est ainsi que l’archevêque Arnold-Harris Mathew installé en Angleterre, a été consacré à l’épiscopat par l’archevêque Gérard Gul d’Utrecht, au temps où Utrecht était véritablement orthodoxe dans sa position doctrinale. A l’époque de la consécration à Utrecht de Mgr Mathew, l’Eglise d’Utrecht ne s’était pas encore écartée de la tradition et de la pratique catholique. En ceci elle a différé des Vieux Catholiques non romains avec lesquels elle avait eu l’imprudence de s’unir.
C’est en 1910, que l’archevêque Mathew a été contraint de retirer la Vieille Eglise Catholique Romaine, sise en Angleterre, de la communion avec Utrecht, afin de conserver intacte son intégrité doctrinale.
Utrecht est donc aujourd’hui non plus « Vieux Catholique Romain » mais simplement « Vieux Catholique ». Ainsi, de fait, l’ancienne et glorieuse Eglise de saint Willibrod et de saint Boniface, assure sa continuation et sa pérennisation par « l’Eglise Vieille Catholique Romaine » actuelle qui se trouve contrainte de manifester sa différence avec Utrecht ou avec les Vieux Catholiques non romains.

Sous le pontificat du pape Jean XXIII et lors des travaux du Concile Vatican II, les religieux et les laïcs de « l’Eglise Vieille Catholique Romaine », ont été considérés par le Saint Père comme un élément de revitalisation dans l’Eglise. Malheureusement, les fruits du Concile Vatican II ont été contraires aux attentes des Vieux Catholiques Romains.
Alors que le Concile se tenait dans les limites de l’orthodoxie doctrinale, un mouvement de réforme moderniste mondial s’est manifesté et a porté de rudes coups à la liturgie, avec l’accord de ses plus hauts prélats. L’Eglise Vieille Catholique Romaine a alors décidé de continuer à célébrer le culte dans le rite latin traditionnel, lequel d’ailleurs n’a jamais été aboli et que l’Eglise de Rome appelle aujourd’hui « Rite extraordinaire » et qui tend à renaître dans beaucoup de communautés paroissiales.
En conséquence, l’archevêque Gérard G. Shelley, troisième Primat de l’Eglise Vieille Catholique Romaine, s’est opposé avec son clergé aux travaux du Concile et a promulgué une nouvelle constitution pour fortifier l’existence de l’Eglise Vieille Catholique Romaine. Cette constitution ratifiée en 1976 réaffirme notre attachement à la doctrine et au culte catholique selon le rite traditionnel.
L’Eglise Catholique de Rome, par la voix même des souverains pontifes qui se sont succédés depuis Vatican II, a affirmé à maintes reprises sa reconnaissance de la validité des Ordres et des Sacrements de la Vieille Eglise Catholique Romaine. Voir à ce sujet le Dictionnaire catholique romain de Addis et Arnold qui dit de cette communion : « ils ont maintenu les ordres valides et nous avons été incapables de découvrir la moindre trace d’hérésie dans les livres en usage dans l’Eglise Vieille Catholique Romaine. »

Dès 1928, une publication des Pères de saint Colomban dans le Nebraska, constate la validité des sacrements de l’Eglise Vieille Catholique Romaine. Un dictionnaire catholique dont l’auteur est Donald K. Attwater, portant l’imprimatur de feu le cardinal Patrick Hayes de New-York, déclare de l’Eglise Vieille Catholique Romaine : « leurs ordres et leurs sacrements sont valides. »
En 1948, avec l’imprimatur du cardinal John Glennon de Saint Louis (Kentuky) le père Conrad Algermissen déclare : « L’Eglise Vieille Catholique Romaine d’Amérique du Nord a reçu des consécrations épiscopales valides. »

 

Afin de corriger les mauvaises interprétations, l’Eglise Vieille Catholique Romaine a proclamé au cours de son Douzième Concile général, tenu en avril 1973 à l’abbaye catholique romaine de saint Paul à Newton (New Jersey) qu’elle restait attachée à l’Eglise de Rome par tout ce qu’elle tient et ce qu’elle enseigne sur les questions de Foi et de Morale, cependant son clergé reconfirme à ce jour sa condition d’Institution Catholique indépendante du Vatican depuis la proclamation de l’archevêque Mathew en 1914, aux Etats-Unis d’Amérique, tout en reconnaissant la légitimité du Saint Père.
En 2018, le Primat de l’Eglise Vieille Catholique Romaine est :


The Most Reverend Louis Elias Milazzo Primate.
Archbishop of Old Roman Catholic Church
St Lucy’s Cathedral. 802 Kent Avenue
11205-1518 Brooklyn – New York.
United States of America


L’Église est représentée en France et Outre-Mer, par l’Archidiocèse de la Province Ecclésiastique de France et d’Outre-Mer.
Chef de Mission cultuelle régie par la loi 1905 auprès des autorités Françaises : Monseigneur George de Saint-Hirst, Archevêque Titulaire de Saint-Jean d’Acre, Administrateur de la Province Ecclésiastique, Commandeur de l’Ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem.